Les écrits syndicaux

 

 

 

CGT LE HAVRE N° SPECIAL.2010

Hebdomadaire éléctronique de l'Union des syndicats CGT du Havre  / numéro spécial Jules Durand

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Motion du Syndicat de la Magistrature adoptée lors de son congrès, le 28 novembre 2010, en présence de Christiane Delpech, petite-fille de Jules Durand.

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HOMMAGE A JULES DURAND,

VICTIME D’UNE JUSTICE DE CLASSE

 

Il y a tout juste un siècle, la Cour d’Assises de Seine Inférieure condamnait à mort un ouvrier du port du Havre, du nom de Jules Durand, accusé, sur la base de faux témoignages, d’avoir commandité le meurtre d’un « jaune », au cours d’une réunion du syndicat des ouvriers charbonniers dont il était le secrétaire.

 

Au terme d’une forte mobilisation syndicale en France et à l’étranger ainsi que  l’intervention insistante de parlementaires et de journalistes, Jules Durand, sera finalement élargi puis innocenté par la Cour de Cassation en 1918. La machination patronale à l’origine de ce fiasco judiciaire sera alors clairement établie mais en dépit de sa réhabilitation tardive, Jules Durand ne retrouvera point sa dignité, ayant perdu la raison au terme de son procès et de son incarcération.

 

Aujourd’hui, force est de constater que cette « Affaire Dreyfus de la classe ouvrière », symptomatique de l’instrumentalisation de la justice par les puissances d’argent, est curieusement méconnue voire ignorée du grand public comme des historiens et des professions judiciaires.

 

C’est pour cette raison qu’un siècle après sa condamnation, des magistrats du Havre ont souhaité rendre hommage à Jules Durand en adoptant majoritairement la proposition de donner son nom à l’une des trois nouvelles salles d’audience du TGI. Mais l’affaire étant apparemment encore sensible pour certains, la hiérarchie judiciaire s’y est opposée, en préférant baptiser les trois salles d’audience A, B et C !

 

Réuni en Congrès, le Syndicat de la Magistrature entend s’associer pleinement à l’hommage rendu à cet homme, victime de l’une des plus grandes erreurs judiciaires du XXe siècle, et saluer la justesse de son combat pour la dignité humaine, le respect du droit syndical et la défense des plus démunis.

 

Constatant avec consternation la frilosité et la partialité de certains hiérarques judiciaires, le Syndicat de la Magistrature s’engage à soutenir toutes les initiatives visant à réhabiliter la mémoire de ce Dreyfus ouvrier.