Polémique lancée par Patrice Rannou autour des liens éventuels de Jules Durand avec l'anarchisme


Des accusations fausses

 

Le 10 août 2017 le quotidien Paris-Normandie édition Le Havre Bolbec Fécamp Lillebonne a publié sous le titre « Jules Durand anarchiste », un article signé Christophe Préteux qui reprenait les accusations de Patrice Rannou contre les deux coordonnateurs du livre, Jean-Pierre Castelain et John Barzman, formulées sur son blog « Le Libertaire ». Ces accusations reposaient sur des falsifications.

 

A la demande des deux auteurs mis en cause, le même journal publiait le 12 septembre 2017, une réponse sans signature intitulée « Jules Durand n’était pas anarchiste ». Le titre ne correspond pas au contenu de l’article qui n’affirme pas que Jules Durand n’était pas anarchiste, mais qu’il n’existe pas de preuve qu’il était anarchiste.

 

Par ailleurs, les extraits publiés amputent la demande de droit de réponse d’un point important : la validation des accusations des faux-témoins au procès de Jules Durand, affirmant qu’il était anarchiste. Nos lecteurs trouveront ci-dessous la réponse complète et d’autres documents relatifs à ce débat.

 


 Le site Internet de notre association ouvre donc cette sous-rubrique afin de permettre un débat serein et scientifique sur la base des positions complètes des uns et des autres. On y trouvera pour commencer :

 

- l’article de Patrice Rannou du 10 août 2017 repris par Paris Normandie

 

- la réponse abrégée de Jean-Pierre Castelain et John Barzman publiée par Paris Normandie le 12 septembre 2017

 

 

- la réponse complète de Jean-Pierre Castelain et John Barzman envoyée à Paris Normandie.


Les accusations fausses

Les accusations de Patrice Rannou publiées dans Paris-Normandie le 10 août 2017


La réponse incomplète


La réponse complète


Commentaires et contributions reçues


A propos d'un marronier havrais

 

A propos d’un marronnier havrais de l’été 2017

« Jules Durand était-il anarchiste ? » Le libertaire Hors-série – juillet 2017

 

 

 

 

 Depuis environ cinq décennies, certains anarchistes havrais se sont approprié Jules Durand en décrétant qu’il était anarchiste. Avec Ferrer, Kôtoku, Sacco et Vanzetti, les anarchistes du vaste monde ont leurs martyrs et symboles, quelques anarchistes havrais se sont donné un martyr local, Jules Durand.

Pour mener à bien cette opération politique, ils ont probablement misé sur la tradition libertaire de la ville, toujours présente dans la mémoire collective et la culture locales.

 

Cette appropriation déclarative a pu être assurée pendant une longue période, sans encombre et sans véritable débat. En effet, outre la CGT havraise (le Syndicat des ouvriers dockers du Port du Havre et l’Union locale) qui depuis la mort de Jules Durand en 1926, perpétue, honore et protège sans discontinuer la mémoire et le rôle de Durand, docker et syndicaliste; Jules Durand et l’affaire Durand sont tombés dans les coulisses de l’histoire politique et de la recherche historique.

 

Ces anarchistes ont su utiliser cette situation avec habileté. Ainsi, ont-ils diffusé cette assertion via des réseaux informatifs très lus (par exemple Wikipédia, les fiches du Maitron).

 

Or, depuis quelques années, un intérêt et un engagement se font jour au Havre et en France plus largement, pour œuvrer à la réhabilitation de Durand innocent, et à un renouveau et un enrichissement des connaissances de l’affaire Durand.

Malgré la « disparition » de certaines archives judiciaires, de nombreuses autres sources sont identifiées et étudiées, matériaux qui permettent de formuler de nouveaux sujets d’étude, de nouvelles hypothèses pour une compréhension enrichie de l’affaire. De nouvelles approches historiographiques, comme par exemple une fine connaissance des multiples acteurs de l’affaire et de leur rôle, contribuent également à cet enrichissement.

Des acteurs diversifiés (syndicalistes, associatifs, universitaires, chercheurs…), s’investissent et croisent leurs approches, pour une analyse pluridimensionnelle de l’affaire Durand et la connaissance de Jules Durand.

 

Ainsi, l’heure n’est plus à la sélection de quelques sources pro domo, permettant une affirmation partisane de « qui était Jules Durand ».

En raison du profond respect dû à cet homme et à ses descendants, les débats, voire les controverses, sur qui il était, doivent se fonder sur autre chose que la dénonciation gratuite de pseudo « contre-information » et de révisionnisme historique.

Ce n’est pas avec de tels arguments qu’avancera la cause de Jules Durand et de la classe ouvrière du début du XXe siècle, dans leur lutte pour l’émancipation et la dignité.

 

 

Un adhérent

 

août 2017